







1. Introduction
Dans le cadre du stage interculturel d’initiation avec le monde des affaires en Amérique Latine proposé initié par l’Université Laval à Québec (Canada), j’ai eu le privilège de passer 2 mois au Pérou comme étudiant en MBA Gestion d’ Entreprises.
Du 1 mai au 28 juin 2010, j’ai apprit à observer et à découvrir ce magnifique pays sous divers aspects dans le but particulier de l’implantation et la gestion des affaires au Pérou.
Alors ce blogue fera part des éléments que j’ai retenus au cours de ce voyage édifiant ainsi que des conclusions résultant de mes observations.
2. Pérou, le pays
Le Pérou est un pays d’Amérique Latine situé à l’ouest de l’Amérique du Sud et encadré par l’Équateur, le Brésil, la Colombie, la Bolivie, le Chili et l’Océan Pacifique.
Avec sa superficie de 1 285 220 km², il est le 3ème plus grand pays du sous-continent.
Ce pays compte 29 millions d’habitants, dont environ le tiers vit à Lima, la grande capitale métropolitaine.
Ce pays, avec une variété de paysages, se divise en trois grandes zones naturelles : la « costa », bordée par l’océan Pacifique avec 10% de la superficie totale du pays et environ 60% de la population, la « sierra », zone montagneuse avec 30% de superficie et 30% de la population, et la « selva », la forêt d’Amazonie Péruvienne avec 60% de superficie et 10% de population.
La langue véhiculaire du Pérou est l’espagnol (76% de la population), pays où il existe environ une centaine de langues autochtones parlées par les groupes minoritaires. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer le quechua (14,7%) et l’aymara (1,4%).
En ce qui concerne la politique, le Pérou est une république démocratique, sociale, indépendante et souveraine. Le pouvoir exécutif est assuré par le président et le vice-président, qui sont élus pour 5 ans. Le pouvoir législatif est exercé par un parlement unicaméral, le congrès, constitué de 120 membres élus pour 5 ans. Enfin, le pouvoir judiciaire est exercé par la cour suprême qui est la plus haute instance du système judiciaire péruvien.
Lors de mon séjour à Lima, j’ai eu la chance de visiter le congrès, le palais de justice, et de me promener au devant de la présidence, située à la Plaza Mayor à Lima.
Le Pérou regorge aussi des ressources naturelles suivantes : le cuivre, l'argent, l'or, le pétrole, le minerai de fer, le charbon et les phosphates. Outre cela, la pêche ainsi que la cueillette de fruits sont également une importante ressource naturelle.
3. Pérou, les hommes
Le Pérou est un pays très diversifié. La venue des personnes d’Europe, d’ Afrique et d’Asie lors des diverses périodes historiques a beaucoup favorisé le mélange des populations. Ainsi, environ 50% de péruviens sont métis. On compte cependant 15% d’ascendance européenne (Italie, France, Allemagne, Autriche), et également une minorité noire. Ainsi dit, le Pérou représente à lui seul un lieu emprunt à la diversité culturelle et à la cohabitation des races. Ce phénomène était très intéressant à observer dans les commerces, dans la rue, à l’université et même dans les familles : les gens ont des couleurs de peaux différentes, mais se considèrent tous comme venant d’un même lieu, ayant une même culture et tradition.
J’ai par exemple eu des échanges avec une personne apparemment de race blanche qui me disait avoir un ancêtre noir dans sa lignée.
4. Pérou, la culture et les habitudes culturelles
Ce pays si diversifié de par son morcellement géographique et saisonnier, et si riche dans son métissage humain laisse présager une richesse culturelle énorme.
En effet, un facteur qui marque tant les péruviens est celui de leur passé historique, avec l’époque Inca. Les Incas sont un peuple ancien de ce pays, avec des œuvres sortant de l’ordinaire et que l’on peut encore contempler aujourd’hui. On pourrait faire référence aux constructions sur le Machu Picchu ou encore celles observées dans des endroits sacrés comme Sacsayhuaman- où on célèbre la fête d’ adoration du Dieu soleil, l’Inti Raymi – ou encore Tambomachay, qui était un lieu d’adoration autant sacré.
Outre ce passé historique, les bienfaits issus de la diversité culturelles, comme la gastronomie et la bonne maîtrise de la langue espagnole, font des péruviens des personnes fières. En Amérique du Sud, plusieurs langues rapportent que la meilleure gastronomie est la gastronomie péruvienne. D’autre part, l’espagnol du Pérou n’a subi que très peu d’influence des langues autochtones et l’accent y est beaucoup moins prononcé que dans les autres pays hispaniques.
À côté de cela, on remarque au Pérou un fort collectivisme, tant au niveau familial qu’au niveau social. La famille au sein de laquelle j’ai eu le privilège de vivre en était un exemple type. Il y avait beaucoup de partage et mes parents péruviens ne cessaient de m’expliquer que la famille était la première priorité de chaque péruvien parce que c’était la première instance de soutien dans les cas extrêmes.
Cette ascendance familiale s’observait aussi auprès de plusieurs jeunes et adultes avec lesquels j’ai eu l’honneur de discuter. Il était très agréable de voir combien cette société repose encore sur certains principes de bases qu’on qualifierait de conservateur, par exemple le fait que les enfants ne laissent le domicile familial que pour rejoindre leur propre foyer. Dans ces cas, on y trouve des personnes adultes qui vivent et dépendent encore de leurs parents, en attendant de trouver l’âme sœur et de vivre à leur propre compte.
Outre ces facteurs sus mentionnés, j’ai apprit avec grand intérêt d’un sociologue qui expliquait qu’au Pérou, la loi est flexible selon l’adage « tous pour mes amis, la loi pour mes ennemies » (Para mi amigos todo, para mi enemigos la ley) . Cet exemple à lui seul démontre le contexte d’incertitude permanent dans lequel on agit dans ce pays. Certes, il y a des façons de faire légales définies, mais elles ne sont pas forcément vécues. On citerait comme exemple les marchés de contrebandes comme Polvo Azules ou Gamara qui sont tolérés, bien que enfreignant la loi.
De même, pour avoir vécu deux mois au Pérou, je suis en mesure de dire que l’heure à toute une autre signification. Elle est plus élastique et pas fixe comme dans les pays du Nord. Tout se passe toujours dans un certain confort social qui peut devenir irritant si on a cultivé d’autres habitudes.
La religion du Pérou est le catholicisme, et elle y exerce toujours un poids considérable. Ceci se constate par la présence de multiples cathédrales situées dans les « place des armes ».
5. Pérou, la situation économique
Le Pérou jouit d’un PNB relativement haut en comparaison à celui des autres pays d’Amérique du Sud. De plus, ce PNB n’a pas beaucoup varié au cours de la précédente crise économique de 2008, ce qui est le symbole d’une économie solide.
En effet, le pays connaît une forte croissance économique dans la plupart des secteurs : télécommunications, santé, infrastructures (eau potable, électricité rurale, routes etc.). Le pays se modernise continuellement et tire beaucoup de ses richesses dans ses ressources minières et dans ses produits d’exportation, comme le coton.
Cependant, on constate que les activités principales du pays sont très centralisées dans la capitale, Lima. Selon certaines sources de la représentation diplomatique du Canada au Pérou, lors d’un entretien avec ceux-ci, on apprenait qu’il y a des régions isolées au Pérou, où la qualité de vie est encore très rurale et pauvre.
D’autre part, le Pérou comporte encore de façon très visible une classe riche minoritaire et une classe pauvre majoritaire. À Lima, il est facile de remarquer le contraste quand on visite des quartiers riches comme San Isidro ou Miraflores et qu’après on va faire un tour à la Victoria ou à la Via San Salvador. On y retrouve l’image nette de deux structures sociales complètement disparates qui se côtoient.
Cette situation livre un message clair : l’inégalité dans le partage des richesses, et la quasi absence d’une classe moyenne.
Cependant, cette disparité traduit le potentiel que livre ce pays en termes d’investissements. En effet, les visites d’entreprises à la Via San Salvador démontraient clairement qu’on peut encore beaucoup faire au Pérou en termes d’innovations technologiques, et que le système est fin prêt pour cela. L’exemple qui me revient en tête est celui de la micro entreprise de fabrication des automates programmables pour les petits producteurs. Cette société innovait des concepts afin de satisfaire aux exigences en termes d’automatisation des petites entreprises d’embouteillage (tomates en boîtes, vernis). Bien que des concepts approuvés et plus sophistiqués existent dans les pays industriels, ces concepts n’étaient apparemment pas adaptés au contexte du Pérou, ce qui expliquerait la « réinvention de la roue ». J’explique : les sociétés péruviennes sont satisfaites si elles peuvent produire au rythme de 20 à 25 pièces la minute. Les machines européennes ont des débits allant au millier de pièces la minute. Ceci ne trouverait jamais un écoulement sur le marché péruvien.
Des exemples comme celui-ci montre bien qu’il y a beaucoup à faire dans ce grand pays, et qu’ il y a une capacité énorme d’innovation et d’investissement qu’on peut y exploiter.
6. Pérou, les problèmes
Le Pérou, bien qu’en pleine émergence économique, fait partie des pays en voie de développement, encore minés par une certaine instabilité intérieure. Parmi les problèmes qui freinent la croissance, on dénombre la corruption, l’insécurité, l’inaccessibilité à l’éducation pour tous et les inégalités sociales.
L’insécurité reste un fléau dans la société péruvienne. Dans la ville de Lima, elle est surtout caractérisée par la proximité entre les classes. Partout dans la ville, on dénote une présence accrue des vigiles quasiment partout : devant les universités, les banques, les commerces etc. Elles sont la conséquence du partage inégal des richesses et de la concentration des activités lucratives dans la seule ville de Lima. À cause de cela, le monde vit en constante peur que quelque chose arrive, et aux nouvelles à la télévision, il n’y a pas un jour où on ne parle pas d’un acte criminel qui a eu lieu quelque part. À cet effet, dans la ville de Lima par exemple, il y a des taxis dits de sécurité appelés « taxi seguro » que l’on conseille aux expatriés de prendre à partir de certaines heures de la nuit. On nous demandait sans cesse de ne jamais dire que nous venions du Canada afin de ne pas attirer l’attention et de se mettre dans une mauvaise situation. Malgré cette insécurité, la vie n’est pas pénible et agaçante. Il est juste important de savoir où aller (localité) et quand y aller (le moment).
La corruption reste très présente à plusieurs niveaux du système, du chauffeur de taxi au politicien. La structure en place ressemble plus à une du genre : tout à un prix et le prix n’est pas le même pour tous. Nos parents péruviens nous recommandaient également d’ éviter de dire au chauffeur de taxi qu’on venait du Canada afin qu’il ne nous taxe pas trop. La même situation s’observait régulièrement quand on faisait des achats : il fallait être fin négociateur pour ne pas se laisser duper, sinon on en payait toujours un peu plus.
L’éducation est la richesse la plus durable d’une nation. Au Pérou malheureusement, celle-ci n’est pas accessible à tous. D’une part il existe des zones habitées au Pérou où il n’y a pas d’écoles. Ce sont les endroits isolés de la selva ou de la sierra qui sont coupés des réalités du monde et ne suscitent pas une si grande attention de la part des politiciens ; ces endroits semblent rayés de la carte politique du pays. D’autre part, le système éducatif public n’est pas très encouragé et manque en moyens financiers. Ainsi, la qualité de l’éducation ainsi que sa fréquence en souffrent. Dans la ville de Lima, il y a une prolifération d’universités (plus de 5), malheureusement, ce sont des universités privées dont l’accès est couteux et dont la forme d’éducation est avant tout orienté sur l’attraction de la clientèle afin d’augmenter la richesse des propriétaires. Les parents des étudiants s’évertuent cependant à envoyer leurs enfants dans ces écoles parce qu’ils ont perdu toute confiance au système public.
7. Pérou, mes impression générales quant à l’implantation des affaires
Selon mes observations, le Pérou est un pays émergeant qui présente beaucoup d’occasions d’affaires. Ce pays s’ouvre à sa manière à la technologie et au développement durable et offre d’innombrables possibilités sur le plan des affaires.
La main d’œuvre y est moins chère, les ressources également (électricité, eau, essence etc.). L’émancipation des femmes commence. Les universités majoritairement privées ont des labels de qualités mondialement reconnus, à l’exemple de CENTRUM Católica - l’école de gestion rattachée à l’Université Laval au Québec - qui avait les accréditations suffisantes pour son programme de MBA.
Sur le point de vue géographique et climatique, les entreprises verraient aussi en ce pays un terrain idéal pour l’implantation de leurs activités, surtout maintenant où l’ écologie aussi joue un rôle si important.
Cependant, il y a plusieurs aspects dont les investisseurs devraient avoir connaissance avant d’intenter des affaires avec le Pérou : les dimensions culturelles, le climat socio-économique et l’accessibilité aux ressources.
Selon mes observations en suivant les critères de Hofsede pour caractériser les distances culturelles entre le Pérou, pays du sud, et les pays occidentaux, j’en arrive aux résultats suivants : le Pérou connait une distance hiérarchique élevée (exemple : le rôle parental dans les familles), un faible contrôle de l’ incertitude (exemple : la circulation ou alors la notion de temps), un système très axé sur le collectivisme (exemple : les effets de groupe, l’ unité familiale) et une ascendance masculine à Lima (capitale riche et attirant tout le monde) et féminine dans les reste du pays. Il est important pout tout investisseur d’en prendre conscience afin de bien orienter sa stratégie de gestion, car somme toute, la manière de gérer et d’atteindre des résultats satisfaisants au Pérou est bien différente que par exemple au Canada.
Et s’il fallait donner quelques orientations sur les comportements à adopter en tant qu’expatrié pour bien vivre l’histoire péruvienne, je dirai simplement :
- qu’il faudrait savoir que c’est un pays émergent, et pas hautement industrialisé. Alors il ne faut pas s’attendre à prendre le métro ou les bus de la ville pour se déplacer.
- que la notion de temps a une autre valeur, alors il faut éviter d’être trop pressé tout le temps ou de s’étonner pourquoi les gens sont si lents.
- que les gens sont positivement curieux et extrêmement sympathiques et qu’ils peuvent facilement en résulter de belles amitiés si on sait s’y prendre.
- que pour bien s’intégrer dans cette société, il faut choisir une activité sociale qu’on aime faire afin d’y rencontrer des gens, et petit à petit le réseau se forme ainsi.
- qu’il faut abandonner ses préjugés et ses stéréotypes afin d’aller à la vrai découverte intérieure du pays et de lui voir toutes ses beautés cachées.
Good job my dear friend.
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